Le stress de rentrée est souvent associée à un nouveau départ. Reprise du travail, changement de rythme, obligations qui s’accumulent, nouveaux projets…Nous pouvons avoir l’impression de gérer parfaitement la situation et pourtant constater que le corps, lui, commence à réagir.C’est quelque chose que j’observe régulièrement dans ma pratique : il arrive que les sensations apparaissent avant que nous ayons clairement identifié ce qui nous préoccupe.Le corps ne donne évidemment pas à lui seul une explication. Mais certains signaux peuvent nous inviter à regarder plus attentivement ce qui se passe.
1. Une mâchoire qui se serre
On s’en aperçoit parfois seulement en fin de journée.Les dents sont serrées, les muscles du visage tendus, les épaules remontées.Les tensions musculaires peuvent faire partie des manifestations physiques associées à l’anxiété et au stress. Elles ne signifient pas nécessairement qu’un problème psychologique en est la cause, mais leur répétition peut constituer un signal intéressant à observer.
La bonne question n’est pas forcément : « Comment supprimer cette tension ? »
Mais parfois : « À quel moment apparaît-elle ? »
2. Une respiration différente
Certaines personnes remarquent qu’elles respirent plus superficiellement lorsqu’elles sont sous pression.D’autres soupirent régulièrement ou ressentent la nécessité de prendre de grandes inspirations.Là encore, plutôt que de vouloir immédiatement modifier la sensation, il peut être intéressant d’observer ce qui se passe juste avant.Une conversation ? Une pensée ? Une situation professionnelle ? Une anticipation ? Le corps peut devenir un formidable indicateur de contexte.
3. Un sommeil qui se dérègle
Le sommeil est particulièrement sensible aux périodes de tension.Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, pensées qui continuent à tourner une fois couché…Le lien entre stress, anxiété et sommeil est bien établi. Sommeil et santé mentale entretiennent une relation étroite et parfois bidirectionnelle : le stress peut perturber le sommeil, tandis qu’un sommeil insuffisant peut accentuer certaines difficultés émotionnelles.Avant de chercher absolument à « réussir à dormir », une autre question peut donc être utile : Qu’est-ce qui, dans ma journée, n’a pas encore eu l’occasion de redescendre ?
4. Une fatigue inhabituelle
Il existe de très nombreuses causes possibles à la fatigue.Mais lorsqu’elle apparaît en parallèle d’une période de tension, elle mérite aussi d’être observée.Le cerveau continue parfois à travailler alors même que nous avons l’impression de nous arrêter : anticiper, analyser, repasser certaines situations, prévoir ce qu’il faudra faire demain…Un sommeil perturbé peut également entraîner fatigue, difficultés de concentration, irritabilité ou baisse de vigilance pendant la journée.
5. Des pensées qui reviennent encore et encore
Le signal n’est cette fois-ci plus seulement corporel.Une conversation repassée dix fois.
Une décision que l’on analyse sous tous les angles.
Une situation future que l’on imagine continuellement.Et souvent, plus nous essayons de ne plus y penser, plus cette pensée semble revenir.C’est précisément à cet endroit que corps, émotions et automatismes commencent parfois à se rejoindre.
Écouter le corps plutôt que lutter contre lui
Avec les années, ma pratique de l’hypnose m’a progressivement amené à porter davantage d’attention à ces manifestations.Non pas pour leur attribuer systématiquement une signification psychologique.Mais pour poser quelques questions simples :
Quand cela apparaît-il ?
Dans quelles situations ?
Qu’est-ce qui l’accompagne ?
Qu’est-ce qui change lorsque la personne commence à se sentir plus en sécurité ou plus apaisée ?
Cette observation peut ouvrir de nouvelles pistes.
Quelle place pour l’hypnose ?
L’hypnose peut permettre d’explorer autrement certaines sensations, pensées ou réactions automatiques.Pendant la séance, le travail peut notamment porter sur les contextes dans lesquels une réaction apparaît, les associations qui l’accompagnent et les ressources que la personne souhaite développer.L’objectif n’est pas de faire disparaître arbitrairement un signal du corps mais de mieux comprendre la dynamique dans laquelle il s’inscrit.L’hypnose ne remplace évidemment pas un diagnostic ou un suivi médical. Un symptôme nouveau, persistant, intense ou inquiétant mérite toujours un avis professionnel adapté.
Et si vous commenciez simplement par observer ?
Aujourd’hui, prenez quelques secondes.Sans chercher à modifier quoi que ce soit.
Quel est le premier endroit de votre corps qui vous indique généralement que vous êtes sous tension ?
La mâchoire ?
Les épaules ?
La respiration ?
Le ventre ?
Le sommeil ?
Parfois, le début du changement consiste simplement à remarquer ce que nous ne remarquions plus.
Christophe Tessier
Hypnothérapeute à Paris 7e — consultations au cabinet et à distance
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